الجمعة، 11 يناير، 2008



Les ennemis

Ils sont les ennemis de l'espoir ma bien-aimée

De l'eau qui ruisselle, de l'arbre à la saison des fruits,

de la vie qui pousse et s'épanouit.

Car leur front marqué du sceau de la mort,

- dent pourrie, chair décomposée -

ils vont disparaître à jamais.

Et bien, sûr ma bien-aimée, bien sûr,

Sans maître et sans esclaves

Ce beau pays deviendra un jardin fraternel!

Et dans ce beau pays la liberté

Ira de long en large

Magnifiquement vêtue

de son bleu de travail.

Ils sont les ennemis de Redjeb, tisserand à Brousse,

Les ennemis de Hassan, ajusteur à l'usine de Karabuk,

Les ennemis de la vielle Hatdjen , la paysanne pauvre,

Les ennemis de Suleyman, l'ouvrier agricole,

Les ennemis de l'homme que je suis, que tu es,

Les ennemis de l'homme qui pense.

Mais la patrie est la maison de ces gens-là,

Ils sont donc ennemis de la patrie, ma bien-aimée.

Nos bras sont des branches chargées de fruits,

L'ennemi les secoue, l'ennemi nous secoue jour et nuit,

Et pour nous dépouiller plus facilement, plus tranquillement,

Il ne met plus la chaîne à nos pieds,

Mais à la racine même de nos têtes, ma bien-aimée.